Les vins sont servis un par un et dégustés à l'aveugle.
Chinon La Croix Boissée blanc 1998 - Bernard Baudry
Derrière
sa robe dorée, le vin délivre après aération les arômes bien typiques
du Chenin tels le coing ou les fruits confits, auxquels s'associent
quelques notes de fleurs blanches.
En bouche, une acidité très soutenue apporte beaucoup de fraîcheur à un
ensemble relativement gras et long. Les arômes perçus au nez se
retrouvent ici dominés par des saveurs de coing plus prononcées.
D'une manière surprenante, ce beau vin mérite encore 4 à 5 ans pour révéler toutes les promesses qu'on peut attendre de lui.
Meursault 1er cru Blagny 2004 - Domaine Faiveley
Couvert
d’une robe jaune pâle aux reflets dorés, ce Meursault 1er cru offre un
nez très frais, avec une trame aromatique guidée par les agrumes, les
fleurs blanches voire la fleur d'oranger, la pêche et les herbes
fraîches. Le beurre est bien présent, le grillé qui se devine nous
laisse entrevoir qu'il s'agit bien d'un grand classique Chardonnay de
Bourgogne avec un élevage en fût en partie neuf.
Ici, l'acidité plus faible que celle du précédent vin, nous permet de
mieux appréhender l'importance de cette saveur "colonne vertébrale" des
vins blancs. Elle équilibre un alcool normalement prononcé et souligne
une longueur en bouche conforme au niveau du cru.
Le vin peut attendre quelques années mais manque un peu de gras pour durer.
Chambolle Musigny 2006 - J.J.Confuron
Avec une robe rubis d'une intensité aussi faible, il ne subsiste déjà,
sauf surprise, que très peu de doute sur la géographie de ce vin.
Le nez nous enivre de griotte, de framboise et de fleurs, tel un Pinot Noir de Bourgogne sait si bien l’évoquer.
La bouche est vive mais équilibrée, les tannins sont soyeux, l'ensemble
est doté d'une longueur respectable. Un vin très gourmand, élégant, qui
se déguste bien aujourd'hui.
Saint Joseph 2007 - Vincent Paris
Changement de cap avec cette robe sudiste, profonde et brillante, aux reflets violacés, le propre d'un vin jeune.
Le
premier nez surprend par son côté animal. Nul doute qu'il s'agit d'une
Syrah qui ne demande qu'un bon carafage pour livrer des arômes plus
policés de violette, de mûre et de poivre.
La bouche est quand a elle agréable par sa rondeur, sa fraîcheur, son alcool très raisonnable, ses tannins fins et soyeux.
Le vin est jeune mais déjà plaisant, à condition d'être passé en carafe 2 à 3 heures avant dégustation.
Chinon 2001 - Château de la Grille
La
robe de ce vin ne ressemble à aucune déjà observée. Elle est bien plus
mate que les précédentes. Con coeur rubis s'entoure de disques
extérieurs aux reflets orangés.
Quel nez ! Fraise, cassis, fruits cuits, sous-bois, épices, poivron,
champignon, cuir, rose fanée, fleurs séchées... Presque tous les
registres d'arômes y trouvent leur place, et en particulier ceux du
Cabernet Franc !
La bouche est honorable, marquée par une belle acidité ainsi qu’une
longueur respectable. Les saveurs sont un peu plus à la peine : la
ronce domine.
Une
belle surprise à laquelle il aurait été intéressant d'associer ses
arômes et ses tannins prononcés à la richesse gustative d'un foie de
veau par exemple.
Chateauneuf du Pape 1989 - Les Cailloux
La robe de ce dernier est moyennement soutenue, mate et cuivrée dans son disque extérieur. Le vin a visiblement un peu de vécu.
Dans
la bonne suite du précédent vin, la bouche est également très complexe
: fraise écrasée ou confiturée, fruits rouges à l'eau de vie, réglisse,
cuir, fumé, menthol... Bref, tout nous laisse à croire qu'il s'agit
d'un Grenache majoritaire à maturité. D’ailleurs, la bouche confirme
bien cette apogée : les tannins sont souples et bien fondus, la
fraîcheur est encore de mise, la finale confiturée et la figue sèche
nous mènent au bout d'une belle longueur.
Altenberg de Bergheim Gewurztraminer Sélection de Grains Nobles 1999 - J.M.Deiss
Sous la lumière d'une superbe robe vieil or, ambre, aux reflets orangés, nous dégustons le dernier vin de la soirée.
Le nez est dominé par l'orange, confite ou en écorce, voire en
marmelade. Tout prête à penser que le botrytis cinerea (la pourriture
noble) y a laissé trace de son oeuvre, en particulier lorsque la bouche
dévoile une pointe d'amertume associée à cette variation autour de
l'orange.
Habillement, nous décelons la rose puis le lychee, s'ensuit le melon,
le coing et le miel. Le doute est là sur l'origine de ce Gewurztraminer
SGN, doté d'une nécessaire et suffisante acidité équilibrant bien
alcool et sucre résiduel. Un nectar !
Nacim